Laissant d’abord aux savants étrangers le soin d’exploiter les grandes découvertes, les Égyptiens s’approprient peu à peu leur patrimoine. La mémoire des Ahmed Kamal, Ahmed Fachri, Labib Habaschy, Gamal Mokhtar ou Zakaria Gonem plane sur tous les grands sites. Aujourd’hui, Mohamed El-Saghir et Zahi Hawass sont les figures de proue de l’archéologie égyptienne. Le premier est parvenu à reconstituer le tracé exact de l’allée de sphinx qui relie le temple de Karnak à celui de Louxor ; mètre par mètre, sphinx après sphinx, il ne s’arrêtera que lorsque pas moins de 4000 statues auront été exhumées. On lui doit aussi la découverte de la cachette de Louxor. Zahi Hawass, quant à lui, règne en maître absolu sur le plateau de Gizeh où il accumule les découvertes faisant de lui un personnage très médiatique. Un travail minutieux sur le village et les tombes des ouvriers qui ont bâti les pyramides lui ont permis de démontrer que l’érection de ces monuments n’est pas l’oeuvre d’esclaves mais d’hommes libres, l’oeuvre d’un pays tout entier : l’Égypte pharaonique. L’égyptologie est une des passions les mieux partagées à travers le monde, elle est universelle. Aujourd’hui, plus de 150 missions étrangères fouillent en Égypte à la recherche des merveilles qui dorment sous le sable et, chaque année, surgit quelque découverte qui fera progresser la connaissance historique. Ainsi, depuis plus de 40 ans, la mission archéologique française installée sur le plateau désertique de Saqqarah et aujourd’hui dirigée par Audran Labrousse, se consacre au dégagement du complexe funéraire de Pépi Ier, permettant de mieux connaître la VIème dynastie. À sept kilomètres de là, non loin de la pyramide de Djéser, la mission archéologique du Louvre, dirigée par Christiane Ziegler, fouille la zone du mastaba d’Akhethétep, haut fonctionnaire de la Vème dynastie. Nous assistons à la vie quotidienne sur le chanti