Pierre Montet est un des grands égyptologues français. Sa carrière débute réellement au Liban où, de 1920 à 1924, il dirige les fouilles à Byblos, constatant d’emblée les rapports qui existent entre l’Égypte et la côte phénicienne. Lorsqu’il débarque à Tanis en 1929, c’est avec la ferme intention de retrouver des traces des peuples sémites en Égypte et particulièrement des Hébreux décrits par la Bible. Selon sa thèse, Tanis était l’ancienne capitale des Hyksos, devenue par la suite Pi-Ramsès, la capitale de Ramsès II. Elle s’avèrera doublement fausse mais il est entretenu dans son erreur par le fait que se trouvent sur le site de nombreux monuments à la gloire du pharaon, réutilisés par les rois des dynasties suivantes. Aucun événement spectaculaire ne surviendra durant 10 ans ; mais, à partir de février 1939, le vent tourne et il met à jour plusieurs sépultures inviolées du début du Ier millénaire av. J.-C., réalisant ainsi une découverte d’égale importance à celle du tombeau de Toutankhamon. Àla fin des années 1950, le Président Nasser décide de construire le Haut Barrage d’Assouan. Un comité d’experts est chargé d’évaluer les conséquences de cette construction sur les sites archéologiques de Nubie. Il faudra 20 ans pour mener à bien le plus grand sauvetage archéologique de l’histoire. Le déplacement des monuments de l’île de Philae menacés dès le début du XXème s., lors de la construction du premier barrage, constitue une des prouesses de la campagne de Nubie. À proximité du Haut Barrage repose un premier ensemble, les temples de Kalabsha, de Beit el-Wali et le kiosque de Kertassi. Plus au sud, nous découvrons un autre groupe de sanctuaires, les temples de Dakka, de Maharraka et de Ouadi es-Seboua. Un troisième site réunit les temples de Derr, d’Amada et la tombe de Pennout. Le voyage s’achève à Abou Simbel, où le travail titanesque qui permit de déplacer les temples