Nous entamons aujourd’hui une série de voyages avec les principaux archéologues et savants qui, entre la fin du XVIIIème et le XXème siècle, ont consacré leur vie à l’Égypte. La véritable découverte de l’Égypte débute avec l’expédition de Bonaparte au cours de laquelle des artistes et des savants, emmenés pour l’occasion, dressent l’inventaire complet du pays, ouvrant la voie à une science nouvelle : l’égyptologie. Parmi ceux-là, Dominique Vivant Denon, dont les treize mois qu’il passera en Égypte seront d’une importance capitale pour l’histoire et pour l’histoire de l’art : « ce qu’il va voir, noter, dessiner, personne avant lui n’en avait ramené la moindre représentation ordonnée ». Le 21 juillet 1798, les Français affrontent les Mamelouks au pied des pyramides et Vivant Denon nous rapporte cette phrase désormais célèbre prononcée par l’empereur : « Allez, et sachez que du haut de ces monuments, quarante siècles vous observent ». L’ennemi est mis en déroute, Vivant Denon se joint alors aux troupes lancées à la poursuite des Mamelouks, fou d’enthousiasme à l’idée de fouler une terre fermée depuis 2000 ans à tout Européen. Il remonte jusqu’à Philae, où il reçoit son plus grand choc artistique. En juillet 1799, de retour au Caire, le compte rendu de son épopée est présenté à Bonaparte, illustré de plus de mille dessins à la plume et au fusain, c’est le désormais célèbre «Voyage dans la Basse et Haute Égypte». Quelques années plus tard, un jeune homme, originaire de Figeac, fait part de sa fascination pour l’Égypte dans une lettre adressée à ses parents. Il se nomme Jean-François Champollion. Il découvre en primeur une publication à laquelle travaille son frère, Jacques-Joseph, «La description de l’Égypte», commandée par Napoléon dans le but de poursuivre l’oeuvre de Denon. Sa décision est prise, il sera celui qui retrouvera le secret des hiéroglyphes.