1974: Pour la première fois, les candidats du second tour de l'élection présidentielle française de 1974, Valéry Giscard d'Estaing et François Mitterrand, acceptent de se confronter verbalement dans un débat télévisé. Ils sont en confrontation directe, les journalistes animant le débat n'étant autorisés qu'à faire respecter les temps de parole. La phrase la plus retenue[réf. souhaitée] du débat est « Vous n'avez pas le monopole du cœur », de Valéry Giscard d'Estaing. Tout au long du débat, François Mitterrand critique le bilan de la majorité et du gouvernement sortant, dans lequel Valéry Giscard d'Estaing siège en tant que ministre des Finances. Ce dernier lui reproche d'être « un homme du passé » avec lequel « on ne peut pas parler d'avenir1 ». C'est entre autres une allusion à la longue carrière de François Mitterrand, qui avait été nommé ministre pour la première fois 27 ans plus tôt. 1981: Le débat télévisé de l'entre-deux-tours de l'élection présidentielle française de 1981 reprend les mêmes adversaires qu'en 1974. Cette « revanche » oppose le président sortant Valéry Giscard d'Estaing et son adversaire de gauche, François Mitterrand. C'est à cette époque que sont fixées les règles du cahier des charges. Élaborés par Serge Moati et Robert Badinter, conseillers de Mitterrand de l'époque, les 21 points constituant cette réglementation proviennent du fait que Mitterrand s'était trouvé très mauvais face à Giscard d'Estaing[réf. souhaitée]. On a retenu deux phrases marquantes à l'issue de ce débat, toutes deux de Mitterrand : « Vous avez tendance à reprendre le refrain d'il y a sept ans : l'homme du passé. C'est quand même ennuyeux que, dans l'intervalle, vous soyez devenu, vous, l'homme du passif » et, alors que Giscard d'Estaing l'interroge sur le cours du mark allemand : « D'abord je n'aime pas beaucoup ces manières, je ne suis pas votre élève et vous n'êtes pas le pr
1988: Le débat télévisé oppose cette fois le président sortant François Mitterrand à son adversaire, le Premier ministre Jacques Chirac, candidats restant en lice pour le second tour de l'élection présidentielle française de 1988. Le premier moment le plus marquant est celui où Jacques Chirac lance à François Mitterrand : « Ce soir, je ne suis pas le Premier ministre, et vous n'êtes pas le président de la République, nous sommes deux candidats à égalité […], vous me permettrez donc de vous appeler monsieur Mitterrand. » François Mitterrand lui répond ironiquement : « Mais vous avez tout à fait raison, monsieur le Premier ministre. » Plus tard dans le débat, Jacques Chirac finit par dire « monsieur le président » en s'adressant à François Mitterrand. Une grande tension entre les deux hommes est palpable au moment où est évoquée l'affaire Wahid Gordji, diplomate iranien impliqué dans les attentats de fin 1986 à Paris. François Mitterrand affirme que Jacques Chirac lui avait déclaré que le « dossier était écrasant. » « Est-ce que vous pouvez dire, en me regardant dans les yeux, que je vous ai dit que nous avions les preuves que Gordji était coupable ? […] Pouvez-vous vraiment contester ma version des choses en me regardant dans les yeux ? », lance le Premier ministre. « Dans les yeux, je la conteste », répond sèchement le président. 1995: Ce sont Lionel Jospin et Jacques Chirac qui s'opposent lors du second tour de l'élection présidentielle française de 1995. Le débat fut moins tendu que les précédentes éditions, avec peu de piques et de petites phrases. L'une des saillies les plus marquantes reste relativement courtoise : il s'agit d'une phrase de Lionel Jospin à propos de la réforme du quinquennat : « Il vaut mieux cinq ans avec Jospin que sept ans avec Jacques Chirac. Ce serait bien long ».
« Duels présidentiels », documentaire réalisé par Hugues Nancy, raconte, en 52 minutes, l'histoire de ces 4 duels. Quatre confrontations marquantes qui ont laissé des traces dans la mémoire collective. S'ajoute aux images d'archives l'éclairage de spécialistes sur les coulisses de ces rencontres et l'évolution de la télévision et de la politique : Alain Duhamel, animateur des débats de 1974 et 1995, Michèle Cotta, animatrice des débats de 1981 et 1988, Serge Moati, réalisateur de trois débats (1981, 1988 et 1995), le politologue Roland Cayrol...